Quand les médias officiels ou tenus par les milliardaires insistent uniquement sur les poubelles brûlées et ne parlent pas des revendications de la jeunesse pour son avenir, faut-il les suivre ? Quand des forces de l’ordre surarmées sont filmées à frapper des manifestants au sol et que le ministre de l’intérieur refuse publiquement de donner des consignes de retenue, peut-on les laisser faire ? Quand des attouchements de ces mêmes forces de l’ordre sont filmées et que les témoignages sont diffusés, doit-on se satisfaire qu’aucune procédure pour retrouver les coupables n’aboutisse, ni même ne soit engagée ? Quand des manifestants mineurs arrêtées et détenus à Bobigny doivent se coucher plusieurs jours à même le béton en attendant de passer au tribunal, peut-on considérer que nous sommes encore dans un État de droit ? Quand des rassemblements aux abords des établissements scolaires sont interdits par arrêté par le préfet au mépris de la Constitution, n’est-on pas sur la voie des régimes qui se revendiquent de l’illibéralisme ? Quand des propos qui accusent les étrangers ou les musulmans aboutissent à des meurtres, peut-on rester indifférents ? Quand l'État se vante de mobiliser l'armée, le RAID et le GIGN contre son peuple qui réclame un droit élémentaire comme l’éducation, peut-on accepter que le peuple soit considéré comme l'ennemi du pays ? Si nous imaginons que ces mesures liberticides ne pourront pas nous frapper toutes et tous demain, où est passée notre intelligence ? Notre devoir civique est de participer aux mobilisations en cours pour que le budget réponde aux besoins sociaux plutôt que d’engraisser les amis multimilliardaires de Macron et Le Pen. Et ce sera aussi le meilleur moyen de préserver nos libertés contre le passage en force des pouvoirs actuel et futur. C’est là qu’est notre humanité.